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Élections professionnelles. Les enjeux d’un scrutin inédit

10 novembre 2018
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Du 16 au 22 novembre, les cheminots sont appelés à voter aux élections professionnelles. Le scrutin revêt cette année une importance particulière. Il fait suite à la réforme ferroviaire impulsée par le gouvernement, contre laquelle les organisations syndicales et de nombreux cheminots se sont élevés sans parvenir à la faire échouer. De plus, les élections ont lieu après la fusion des instances représentatives du personnel, décidée par les ordonnances réformant le Code du travail. Les cheminots disposaient de 31 CE (comités d’entreprise), de 600 CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et d’environ 250 instances DP (délégués du personnel). Tout est fusionné en 33 CSE (comités sociaux et économiques). De ce fait, la comparaison avec les scrutins précédents sera difficile à faire. Reste que tout le monde se demande si, après l’échec de la grève, la CGT et SUD Rail, les deux syndicats « contestataires » vont continuer à totaliser à eux deux plus de 50 % des voix, comme c’était le cas à l’issue du précédent scrutin, en novembre 2015.

Les résultats des élections professionnelles de novembre 2015

CGT : 34,33 %

UNSA : 23,86 %

SUD Rail : 16,83 %

CFDT : 15,15 %

FO (avec CFE et First) ayant obtenu moins de 10 % des voix (9,16 %) n’était pasconsidéré comme représentatif.

3/4 : Entretien avec Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD Rail « Ces élections professionnelles sont un marqueur important pour le devenir d’une certaine idée du service public ferroviaire. »

La Vie du Rail. Quelles sont vos attentes en vue des prochaines élections professionnelles ?

Erik Meyer. Après le conflit concernant la loi ferroviaire, ces élections professionnelles, sur des périmètres inédits (CSE) et dans une configuration aussi inédite (vote électronique) sont importantes pour l’ensemble des conséquences de cette mauvaise réforme qui restent à aborder. Ce sont bien les résultats et le poids électoral sorti des urnes fin novembre qui définiront le poids de chaque signature des organisations syndicales dans le cadre de la négociation des chapitres restant de la convention collective de branche ainsi que des multiples accords d’entreprise induits.

Mais ces élections professionnelles sont aussi un marqueur important pour le devenir d’une certaine idée du service public ferroviaire. Clairement aujourd’hui, deux grandes tendances s’affrontent et le résultat des urnes sera aussi un marqueur politique important quant à l’orientation qui pourrait être donnée. Pourrait-on envisager d’avoir une direction qui dirigerait contre ses salariés ? Non, je pense que c’est inenvisageable, à ce titre, si les organisations syndicales qui portent d’autres projets pour que le système ferroviaire progresse, cela sera un signe fort que le gouvernement et le président Pepy ne pourront ignorer.

LVDR. Quelle est la position de SUD Rail sur la réforme de la représentativité syndicale ?

E. M. Dès 2008, la fédération SUD Rail et son union syndicale Solidaires ont montré leur opposition à ce système de représentativité dans lequel la voix n’a pas la même valeur et qui ne vise qu’à réduire la pluralité syndicale.

LVDR. Par rapport à la réforme ferroviaire, que demandez-vous aux pouvoirs publics ?

E. M. On peut faire le constat aujourd’hui que les engagements pris par le Premier ministre en février et déclinés par la ministre des Transports au printemps ne sont pas tenus. Quelques mois plus tard on fait le constat qu’une grande partie des petites lignes sont menacées de fermeture, que les tarifs pour l’usager ne cessent pas d’augmenter et que les réorganisations et la productivité subies dans le  n’ont pas pour objectif d’améliorer le service rendu mais juste la rentabilité économique et la préparation de la vente à la découpe de l’entreprise publique. Pour SUD Rail, cette réforme est un échec, elle ne règle rien. En l’état, elle ne servira qu’à amener sur un plateau les subventions publiques de transport aux grands groupes privés, avec des travailleurs du rail et des usagers qui paieront la facture. Il est encore temps de tirer les conséquences de cet échec et de négocier une autre réforme, celle où l’usager, le salarié et la question du transport écologique de marchandises seraient au coeur !

LVDR. Selon vous, quels peuvent être les thèmes mobilisateurs pour faire revivre l’unité syndicale ?

E. M. La question de l’unité syndicale n’est pas une fin en soi. L’unité syndicale doit se faire sur la base de revendications communes or dans la période actuelle, il faut bien avouer qu’en dehors de grands principes sur la nécessité de redonner une autre place au ferroviaire dans notre pays, il n’y a pas d’unité au niveau national. Fort de ce constat, à SUD Rail, nous privilégions l’unité syndicale à la base et dans l’action syndicale. D’ores et déjà aujourd’hui, de nombreuses luttes intersyndicales plus ou moins larges sont menées au niveau local, nous encourageons cela. Le changement viendra par la mobilisation des salariés, pas autour d’une table de négociation, c’est le sens de l’histoire !



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