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© RATP - Denis Sutton

RATP. Quand le bus se gare tout seul

19 juin 2018
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Par : Philippe Hérissé

L’intelligence artificielle arrive dans les centres bus. La RATP vient de tester la conduite autonome permettant à un bus de se garer automatiquement. Intérêt du dispositif : gagner de la place dans un environnement contraint.

C’est une première en Europe : lors d’une démonstration au centre de Lagny, le 30 mars, un véhicule a rejoint tout seul sa place de remisage dans le centre bus de Lagny (XXe arrondissement de Paris), et il s’est ensuite garé, sans que le conducteur n’intervienne un seul instant.

Ce centre bus, qui avait été inauguré en mars 2016, est appelé à devenir le tout premier centre « 100 % électrique » de la RATP à partir de 2019. Construit sur les emprises de l’ancien dépôt d’autobus éponyme, il se présente désormais sous la forme d’une construction semi-enterrée sur trois niveaux, avec un atelier de maintenance au rez-de-chaussée surmonté de six étages de bureaux, dont l’essentiel est occupé par le ministère de l’Intérieur, un collège et une crèche.

Pour la première fois, une opération de modernisation d’infrastructures de remisage et d’entretien du réseau routier de la RATP a été associée à une valorisation immobilière du site. Dans le même temps, la capacité de remisage du centre bus a pu être portée de 110 à 184 voitures.

Cette nouvelle approche qui, dans l’intervalle, a été reconduite pour le nouveau centre bus de Montrouge inauguré en novembre dernier, permet à la régie de garder ses implantations dans Paris, ce qui lui évite de longs parcours haut-le-pied pour ses lignes intra-muros ou de proche banlieue.

Des mètres carrés qui valent de l’or

La reconstruction en souterrain, sur plusieurs niveaux, lui permet aussi d’augmenter, dans une certaine mesure, les capacités de remisage. Toutefois, compte tenu du coût foncier des terrains dans Paris, il faut innover davantage encore. Tout mètre carré économisé y vaut de l’or. C’est justement le premier enjeu majeur du projet de garage et de dégarage des autobus en conduite autonome, qui vient d’aboutir à l’équipement expérimental d’un Urbanway hybride de 12 m du constructeur Iveco. En effet, l’automatisation de la manoeuvre nécessaire pour ranger un véhicule sur sa place de remisage permet de gagner 15 cm sur la distance le séparant de ses voisins. Si tous les véhicules du centre bus étaient ainsi équipés, ce gain se traduirait par une augmentation de la capacité de remisage de 5 % !

Le second enjeu majeur qui sous-tend ce projet est l’assistance aux machinistes-receveurs sur une tâche qui n’est pas la plus valorisante de leur métier que la Régie voudrait plutôt tourné vers le service aux voyageurs. Par ailleurs, la maîtrise de telles technologies peut aussi ouvrir de vastes perspectives. Sur la ligne 21 (Gare- Saint-Lazare – Stade-Charléty), des éléments du système utilisé pour le garage et le dégarage en conduite autonome ont été récemment testés dans une application visant à détecter piétons et cyclistes qui pourraient interférer avec la trajectoire du véhicule malgré toute la vigilance du conducteur.

Plus globalement, le groupe RATP s’est engagé, au sein d’un projet partenarial, dans une démarche de recherche et développement sur la thématique du « véhicule autonome ». L’expérimentation actuelle de navettes dans le Bois de Vincennes et sur le site CEA de Saclay en est l’une des illustrations. La régie travaille également à la préparation d’un essai de conduite autonome sur une ligne d’autobus en configuration BHNS (bus à haut niveau de service). Elle a d’ores et déjà envoyé une lettre d’intention aux constructeurs, avec pour objectif de commencer les tests peut-être avant la fin de l’année, ou plus sûrement dans le courant de 2019.

Une cartographie en 3D en temps réel

Concernant le garage et le dégarage des autobus en conduite autonome, la difficulté se situait à la fois dans le gabarit du véhicule, bien supérieur à celui d’une navette, et dans l’absence de réseau cellulaire à l’intérieur des espaces souterrains, empêchant toute mise à profit du GPS.



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