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© SUD Rail

Mi-juin, les organisations syndicales divergeaient sur la stratégie à tenir, ayant en tête la perspective des élections professionnelles prévues en novembre à la SNCF.

Réforme ferroviaire. Un nouveau cycle s’ouvre

20 juin 2018
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Par : Marie-Hélène Poingt

La fin d’un cycle et le début d’un autre. C’est le commentaire général que l’on pouvait entendre après le vote du nouveau pacte ferroviaire, adopté le 13 juin par les députés par 452 voix pour (80 contre), puis le 14 juin par les sénateurs avec 245 voix pour (83 contre).

Dès le 15 juin en effet, une réunion tripartite a été organisée au ministère des Transports pour relancer les négociations, entre les organisations syndicales et patronale (UTP) sur la convention collective nationale ferroviaire. Elisabeth Borne a dévoilé les noms des membres de l’observatoire du dialogue social, qui a été mis en place à cette occasion pour suivre les discussions et alerter le gouvernement en cas de blocage. Jean-Paul Bailly, l’ancien patron de la Poste et de la RATP, qui présidera l’observatoire, sera assisté de Jean Grosset, membre du conseil économique, social et environnemental, ancien secrétaire général adjoint de l’UNSA et de Jean Bessière, ancien adjoint au directeur général du Travail et ancien président de la commission mixte paritaire de la branche ferroviaire. L’idée, explique-t-on du côté du ministère des Transports, c’est de donner une impulsion pour que les discussions reprennent,, mais ce n’est surtout pas de donner un rôle de négociateur à l’État qui n’a pas vocation à intervenir.

Les thèmes qui restent à négocier sont très importants pour préparer l’ouverture à la concurrence et pour les salariés qui ne seront plus embauchés au statut à partir du 1er janvier 2020. Et le calendrier pour tenir les délais est serré. Parmi les chapitres qui restent à discuter pour achever la convention collective, le volet classifications et rémunérations représente un enjeu « très structurant », pour reprendre les termes d’un bon connaisseur du secteur ferroviaire, car il permettra de définir le déroulé de carrière des cheminots.

Si l’UTP aborde ces négociations en s’engageant à définir « une convention collective de haut niveau, assurant un haut niveau de garantie à ses salariés » (lire l’interview de Thierry Mallet), les organisations syndicales arrivent en ordre dispersé. Le calendrier de grèves à répétition mis au point par l’intersyndicale arrivant à son terme le 28 juin, les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT Cheminots, UNSA Ferroviaire, Sud Rail et CFDT Cheminots) ont fait voler en éclat, le 19 juin, l’unité qu’elles avaient réussi tant bien que mal à maintenir jusque-là.

L’Unsa Ferroviaire a en effet estimé que la CGT était sortie de l’intersyndicale en annonçant en solo, dès le 15 juin, qu’elle souhaitait poursuivre la grève au-delà du 28 juin, dernière date de grève prévue par l’intersyndicale. La commission exécutive de la CGT, qui s’est réunie le 20 juin, a ainsi décidé « d’appeler régulièrement à la grève en juillet et en août ». Les dates seront annoncées au fur et à mesure “en fonction de l’avancée ou non des négociations qui devront répondre aux revendications des cheminots“, précise la fédération en ajoutant qu’elle ferait tout “pour que ces rendez-vous soient le plus unitaires possibles“.

De son côté, Roger Dillenseger, le secrétaire général de l’UNSA Ferroviaire, a réaffirmé son engagement à respecter le calendrier jusqu’au 28 juin comme initialement prévu, mais a indiqué qu’il ne souhaitait pas la poursuite du mouvement en juillet. “Nous nous remobiliserons dès que nous reviendrons à la table des négociations pour discuter de la convention collective », prévient Roger Dillenseger. Autre échéance importante selon lui  : la tenue le 28 juin de négociations salariales à la SNCF. “Nous ferons pression pour obtenir des avancées sur les négociations salariales après trois années de négociations nulles sur ce plan-là », précise-t-il.

Sud Rail, qui souhaite aussi poursuivre la grève notamment pendant les grandes vacances “pour taper là où ça fait mal“, a aussitôt crié à la trahison. Quant à la CFDT Cheminots, elle n’a pas aussi clairement pris position expliquant qu’elle se déterminerait “en toute autonomie” la semaine prochaine, même si le syndicat estime, comme l’Unsa, avoir réussi à obtenir des avancées dans la réforme ferroviaire.

En avançant en ordre dispersé, en affichant ses différences, voire en faisant de la surenchère, chacun a en tête la perspective des élections professionnelles prévues en novembre à la SNCF et la crainte de payer chèrement le prix en cas de faux pas. Pour Roger Dillenseger désormais, “chacun devra prendre ses responsabilités“.



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