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  • (c) Bernard Vieu

    Devant la gare de La Roche-Saint-Jean-de-Linières, deux générations de matériel roulant : à gauche, la draisine Billard construite dans les années 1920, et à droite, le train remorqué par le locotracteur LKM, des années 1960.

  • (c) Bernard Vieu

    Arrivée en gare après la petite balade. Les voyageurs descendent de la voiture de 2e classe B 111 qui a retrouvé son allure d’origine.

  • (c) Bernard Vieu

    Intérieur de la voiture de 1re classe Ac 21 restaurée, avec ses banquettes rembourrées.

  • (c) Bernard Vieu

    Lors de la visite du dépôt-atelier, les visiteurs se font expliquer le fonctionnement de la locomotive à vapeur Pinguely. Ici, l’ouverture de la boîte à fumée.

Patrimoine. Les projets du Petit Anjou

19 novembre 2018
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Par : Bernard Vieu

Dans le Maine-et-Loire, à Saint-Jean-de-Linières, l’Association des Amis du Petit Anjou, qui compte plus de deux cents adhérents, travaille d’arrache-pied à la restauration de matériel ancien pour faire revivre l’ancien réseau départemental à voie métrique créé dans la seconde moitié du XIXe siècle et qui irriguait les territoires ruraux dans cette partie de l’ouest de la France. Elle a également comme projet de construire une ligne longue de huit kilomètres jusqu’à Angers pour y faire circuler son train touristique. Un chantier qui s’ajouterait à la longue liste des étapes d’ores et déjà franchies par ces bénévoles passionnés de chemin de fer.

Créée en 1983, l’Association des Amis du Petit Anjou (AAPA), qui compte actuellement 225 adhérents, a pour but de perpétuer le souvenir du Petit Anjou, l’ancien réseau d’intérêt général du Maine-et- Loire qui s’étendait sur 317 km de voie métrique afin de desservir les territoires ruraux. « Ce réseau ferré, inauguré en 1893, a été démantelé en 1948 et les locomotives sont passées au chalumeau », explique Gérard Dezaire, président de l’association. Les seuls vestiges visibles ici et là ? Des gares, dont la plupart sont défigurées, et des ouvrages d’art. En 1985, la récupération par l’AAPA de l’épave de la voiture Ac 21 de 1re classe (1896), donne l’impulsion pour la sauvegarde et la restauration du matériel ferroviaire ancien.

Ce sera le début d’une longue série d’acquisitions et de chantiers de restauration par les bénévoles. En 1987, l’association s’installe sur un terrain communal à Saint-Jean-de-Linières, à quelques kilomètres à l’ouest d’Angers. En 1991, un premier déménagement à Sauloup, sur la même commune, permet d’y construire un atelier où trois wagons de l’ex-Blanc-Argent (BA) sont reçus. Par la suite, trois autres épaves de voitures de l’ancien réseau du Petit Anjou seront récupérées : B 111, B 130 et Ac (numéro inconnu). En 2000, la première voiture, la B 111, dotée de quatre compartiments de huit places accessibles par des portières latérales, sort de restauration après cinq années de travaux. L’année suivante, l’AAPA se transfère à La Maladrerie, toujours sur la même commune, et y dispose d’un atelier-dépôt et d’un faisceau de voies.

En 2016, les premiers mètres de rails

En 2003, l’association fait l’acquisition de son premier locotracteur, un LKM de 1967. Il faudra deux ans de travaux (entre 2004 et 2006) aux bénévoles pour refaire intégralement la carrosserie avec le numéro 10, ce qui permettra enfin de faire évoluer un train composé des voitures magnifiquement restaurées B 111 et Ac 21. Cette dernière est inaugurée en 2008 pour le 25e anniversaire de l’association. En 2009, la locomotive à vapeur 030 T Pinguely n° 16 ex-Drôme (1897), classée monument historique, rejoint l’association. En 2014, nouvelle jolie acquisition : celle de la gare du Petit Anjou de La Roche- Saint-Jean-de-Linières, qui s’était mue en maison d’habitation après la fermeture de la ligne. Dès lors, les bénévoles consacreront de nombreuses heures pour redonner au bâtiment son aspect originel.En 2016, nouveau chantier pour poser les premières voies et construire un bâtiment atelier à deux voies et une remise à deux voies afin de permettre le troisième transfert du matériel ancien encore conservé à La Maladrerie. Le 2 juillet 2017, le site ouvre enfin ses portes au public. Le train évolue en gare sur 120 m de voie. En juin dernier, le premier aiguillage a été posé côté remise. Il doit donner accès à la future voie d’évitement, en cours de construction. L’atelier abrite le train composé du locotracteur LKM et des voitures B 111 et Ac 21, le locotracteur Dujardin (opérationnel), le wagon couvert K 568, le tombereau Lf 351 et la Pinguely, dont la chaudière est à refaire. Au final, près d’une dizaine de véhicules sont déjà restaurés. Parmi eux, l’élégante draisine Billard, accompagnée de son wagonnet. Une deuxième draisine Billard, hautement historique puisqu’elle fut basée les dernières années d’exploitation à La Roche-Saint-Jean-de-Linières, attend son tour. Mais il reste encore plusieurs matériels à retaper : deux voitures, deux wagons couverts et un fourgon Dp 208. Pour cela, les bénévoles pourront utiliser d’autres éléments récupérés : un châssis avec ses deux essieux, dont un avec la transmission et son moteur, un autorail De Dion Bouton type JM3 ex-Meurthe-et- Moselle, accompagné du châssis de sa remorque doté de ses deux essieux. En 1924, ce type d’autorail avait apporté une touche de modernité sur le réseau du Petit Anjou. En attendant, le valeureux moteur à essence De Dion à quatre cylindres de 50 CV, placé sur un banc, tourne comme une horloge et fait l’admiration des visiteurs.

En projet, 8 km de ligne jusqu’au château

La gare de La Roche-Saint-Jean-de- Linières fut une gare de bifurcation sur la ligne Angers – Candé (43 km), ouverte le 8 mars 1909 et donnant accès à celle reliant Beaupréau via La Possonnière, ouverte en 1910 et fermée en juin 1944. La ligne de Candé, elle, ferma le 25 août 1947, mais un sursis fut accordé jusqu’au 22 février 1955 pour les marchandises : on utilisait le chemin de fer pour transporter le granit entre la carrière de Bécon-les-Granits et Angers. Du coup, fin 1947, la paisible gare de La Roche située à mi-parcours devint le centre névralgique de la ligne, motivant ainsi la construction d’une remise pour une locomotive à vapeur. Inutile de préciser que le bâtiment de la gare a une haute valeur historique. Des travaux sont en cours pour reconstituer le guichet d’origine. La salle d’attente ne reste pas inerte. En effet, c’est là qu’est contée aux visiteurs l’histoire du Petit Anjou et de l’association, au milieu de diverses reliques et d’une belle maquette d’un train du Petit Anjou (au 1/10) représentant la 030 T SACM n° 21 baptisée Angers, un wagon couvert, une voiture et un fourgon. Cette maquette a été réalisée par Henri Ménard, décédé en 2008. Un grand projet ambitieux est évoqué avec la construction d’une ligne de 8 km vers Angers, pas très éloignée du tracé originel, et dont le terminus serait à proximité du château, gigantesque forteresse de 17 tours de schiste et de calcaire. À l’origine, la ligne du Petit Anjou traversait la Maine en circulant sur le viaduc métallique de Pruniers, long de 150 m. « Mais dans notre projet, ce viaduc, converti en voie verte, ne serait pas réutilisé : la future voie ferrée rejoindrait Angers par la rive droite du fleuve », souligne Gérard Dezaire. Les membres du Petit Anjou attendent patiemment le jour où ils pourront enfin poser la voie… Parmi eux, on recense deux cheminots. L’un est conducteur au Mans, l’autre, agent de maintenance du Technicentre de Saint-Pierre-des- Corps. Lors des journées du patrimoine, 750 visiteurs ont été accueillis. « Cela témoigne de l’intérêt du public pour le matériel d’époque », commente Gérard Dezaire. Bien qu’il ne soit ouvert au public que deux jours par semaine et exclusivement en période estivale, le site de La Roche-Saint-Jean-de-Linières a attiré 1 650 personnes en 2018. En dehors de la période d’ouverture, il est visitable pour les groupes sur réservation. La visite guidée comprend cinq étapes dont celles de l’atelier- dépôt et d’un parcours, certes modeste, en gare à bord du train composé des deux voitures restaurées, tractées par le locotracteur LKM. Un avant-goût pour une future balade jusqu’à Angers…

Contact : les Amis du Petit Anjou, 02 41 88 80 80. contact@petit-anjou.fr



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