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Paris. La nostalgie des « petits gris » vendue aux enchères

15 décembre 2019
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Par : Samuel Delziani

Quand la nostalgie sert la solidarité… Le 2 décembre dernier une vente aux enchères exceptionnelle avait lieu à Ground Control, le lieu éphémère qui occupe la Halle Charolais à deux pas de la gare de Lyon. 133 pièces, brutes ou réinventées, issues des derniers « petits gris » ont ainsi été vendues. SNCF Transilien – qui célèbre actuellement ses 20 ans – a ainsi pu signer un chèque de 33 260 euros au profit des Restos du coeur.

Une vente pas comme les autres d’objets pas comme les autres” C’est ainsi qu’a été présentée la vente aux enchères qui s’est tenue lundi 2 décembre, par Marianne Azoulay, la responsable de la valorisation du patrimoine SNCF. En effet, les objets mis en vente à Ground Control, le lieu éphémère qui occupe l’ancienne halle de messagerie du Charolais à deux pas de la gare de Lyon. Ce n’est pas la première fois que le « petit gris » génère ce type d’évènement. Déjà en décembre 2012, une vente aux enchères avait été organisée à Paris Saint-Lazare animé par le même commissaire-priseur, Maitre Ludovic Morand et déjà les Restos du coeur avaient reçu un chèque important. Nouveauté cette année, cinq studios de designers se sont saisis du mythe pour lui donner une deuxième vie. En tout, ce sont 133 pièces qui ont trouvé preneur et, ainsi, éviter le néant des ferrailleurs. Les curieux et les acheteurs potentiels pouvaient découvrir les lots mis en vente à travers une exposition qui s’est déroulée du 28 novembre au 1er décembre.

Pourquoi ce matériel et pas un autre ? Parce que le « petit gris » est devenu en Île-de-France, l’un des symboles des Trente glorieuses. À l’époque de leur mise en service – en 1965 – leur robe inox était une preuve de leur modernité. Le trafic banlieue explose et la SNCF a besoin de moderniser ses infrastructures, comme son matériel roulant. Avec ses banquettes en skaï orange, le « petit gris » constitue un décor classique pour le banlieusard.

© S. Delziani

 

Construits entre 1965 et 1975, ces trains de la série Z 5300 doivent leur surnom à leur caisse en acier inoxydable brossé. Ces rames quadri-caisses, pouvant circuler jusqu’à 130 km/h, ont assuré pendant des années leurs services sur les réseaux de banlieue. La réforme de cette famille d’automotrices mythiques a débuté en 2003. Elle s’est déroulée par étapes sur un temps long, car l’augmentation du trafic, surtout sur Paris-Sud-Est les a rendus indispensables, d’autant plus que les livraisons des nouveaux matériels connaissaient d’importants retards. En septembre 2015, les dernières rames ont quitté le dépôt de Montrouge pour être radiées. Jusqu’en 2018, des rames circulaient encore sur le réseau de Paris-Sud- Est. Puis, elles ont été définitivement remplacées par les Regio 2N.

Si les « petits gris » ont disparu des gares, ils restent bien présents dans l’imaginaire collectif des Franciliens. Ainsi, le public a répondu largement présent malgré le froid pinçant de cet fin d’automne. Plus de 200 personnes étaient présentes dans la salle de ventes aménagées au coeur de l’ancienne messagerie et plus de 300 acheteurs potentiels s’étaient inscrits pour la vente sur Internet.


Indispensable Restos du coeur

« Aujourd’hui, on n’a plus le droit, ni d’avoir faim, ni d’avoir froid » Quand en 1985, Coluche et ses amis lancent en chanson l’association Les Restos du coeur, ils ne pensaient probablement pas que près de 35 ans après le nombre de bénéficiaires auraient ainsi explosé. Si en 1985, 8,5 millions de repas avaient été distribués. Lors de la dernière campagne (2018-2019), ce sont 133,5 millions de repas qui ont été proposés à quelques 900 000 personnes. Le profil des bénéficiaires a évolué dans le temps. L’an dernier, 38% des personnes aidées par Les Restos du Coeur étaient des mineurs, et 50% avaient moins de 25 ans. L’association a aussi aidé l’an dernier 30 357 bébés de moins de 12 mois dans 70 Restos bébé du Coeur. L’action de l’association également. Elle ne se limite plus à la préparation de repas chauds et équilibrés. Elle propose toute une gamme de solution pour sortir de la précarité les plus démunis. Ateliers et jardins d’insertion, lits hébergement d’urgence, départs en vacances, ateliers d’accompagnement scolaire et de lutte contre l’illettrisme, initiation à l’informatique, conseils budgétaires, accès à la justice et aux droits, soutien à la recherche d’emploi (SRE) ou encore mise en place d’un système de microcrédit. Les revenus de l’association proviennent essentiellement de dons du public (47%), mais également de subventions publiques (33%) et de la vente de produits estampillés « Enfoirés » (9,6%).


Parmi les pièces les plus disputées, la paire de plaques de repérage de classe, mise en vente à 20 euros, a été vendue 350 euros. Mon voisin qui s’est battu sans succès pour les accueillir m’explique : « Je voulais les acheter, mes parents sont de l’Aveyron. Mais 350 euros… ». Autre grand succès, les plaques SNCF étaient particulièrement demandées. Celle qui ouvrait la vente, mise à prix à 20 euros s’est finalement vendue à 380 euros. Le grand porte-bagages, mis à prix à 50 euros a été acquis par l’un des designers choisi par la SNCF qui a dû débourser quelque 740 euros pour l’obtenir. Les portes, mises à prix à 70 euros l’unité, sont parties à 450 euros. Celui qui a remporté l’enchère (via Internet, la vente avait lieu simultanément en salle et sur le web) a pris les 10 portes d’un coup !

© S. Delziani

 

Si le prix des objets bruts s’est envolé, le bilan des 17 lots réinventés par les cinq studios de designers est plus mitigé. Deux pièces ont même été retirées de la vente faute d’enchérisseur et plusieurs ont été adjugés à un prix inférieur à celui de la mise à prix initial. Mais d’autres ont eu plus de succès. C’est notamment le cas de la lampe sur pied Sola, imaginé par le studio Désormeaux/Carette, et conçue à partir de radiateurs et de barres de préhension. Mise à prix à 380 euros, elle est partie à 710 euros. C’est également le cas des trois suspensions conçues à partir de diffusants et de pièces cachées aux voyageurs et mise à jour par l’équipe du Studio Monsieur.

Un acheteur s’est offert les trois suspensions pour 750 euros, alors que la mises à prix avait été de 150 euros. L’ultime lot de la soirée créé par le studio parisien BrichetZiegler – alors qu’une partie des acheteurs avaient déjà quitté les lieux – un banc composé d’un petit porte-bagage et de plaques a ainsi été vendu 900 euros, après une mise à prix à 400 euros. La première vente en décembre 2012, qui se déroulait à Saint-Lazare, sur le parvis et à l’intérieur de la gare, avait permis de réunir plus de 45 500 euros. Alors certes le record établi n’a pas été battu hier soir. Mais le résultat est sans appel. Grâce à cette vente, les équipes des Restos du coeur pourront servir 33 260 repas à ses bénéficiaires qui sont, malheureusement, de plus en plus nombreux (voir encadré).

Aujourd’hui, les nostalgiques des « petits gris », peuvent toujours se rendre à Mulhouse, à la Cité du train – le musée du patrimoine SNCF, où une rame de la série Z 5300 est exposée.

 

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Une Commentaire

  1. Güntürk Üstün 16 décembre 2019 4 h 17 min

    Mise en service de 1965 à 1975, les rames automotrices électriques “Z 5300” à quatre caisses (dont une seule motrice) en acier inoxydable de la SNCF ont gagné le surnom “p’tit gris” juste au début de leur carrière exemplaire qui a duré plus de 50 ans. En Île-de-France , différents types de “p’tits gris” sont passés notamment sur les rails du RER C et D, des Transiliens lignes J, K, H, N, R où ils ont disparu progressivement entre 2003 et 2018. On les a même observés en effectuant les services TER Centre, TER Aquitaine et TER Bourgogne. Le bon moment est certainement venu d’écrire des livres détaillés sur l’existence glorieuse et merveilleuse (mais aussi épuisée) des “p’tits gris”. Cela contribuera à faire commencer une vie après la mort respectueuse pour eux.

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