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Grande vitesse. InOui à l’heure du déploiement

30 septembre 2018
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Par : F. D.

Déployés en Aquitaine en 2017, les TGV inOui desserviront tout l’est de la France ainsi que Lille, Marseille et Nice d’ici à la fin de l’année. En 2020, ne devraient subsister que ce nouveau type de TGV aux services renforcés et les Ouigo, l’offre low cost de la SNCF.

Un an après le lancement d’inOui sur Paris – Bordeaux et sur Paris – Toulouse, la SNCF étend le nouveau service aux dessertes de Lyon, Strasbourg, Nancy, et à tout l’est du pays. En décembre, viendra le tour de Lille, Marseille et Nice. Trois types de TGV cohabitent donc aujourd’hui. Ceux que l’on dira faute de mieux standards (206 rames), inOui (98 rames), Ouigo (24 rames).

En 2013, avant qu’on ne parle d’inOui, lors de la première différenciation des services, Ouigo se lançait avec quatre rames, parc microscopique face à 330 TGV standards. En 2020, il ne devrait plus y avoir que des trains inOui (279 rames) et Ouigo (34 rames) : l’offre premium et l’offre low cost. Alors que la totalité de l’offre à grande vitesse nécessitait 334 trains en 2013, il n’y en aura plus que 313 en 2020.

Rachel Picard, en présentant les nouvelles destinations inOui le 20 septembre, a rappelé le scepticisme qui a accueilli le lancement de cette marque, au nom souvent jugé trop ambitieux. Ou les doutes concernant Ouigo, dont on a dit qu’il ferait concurrence au TGV classique tout en réduisant les marges et que la SNCF, ce faisant, se tirait une balle dans le pied. Les chiffres de la directrice générale de Voyages SNCF ne vont pas dans ce sens. D’abord, dit-elle, la grande vitesse va bien. En 2017, elle a accueilli 10 millions de voyageurs supplémentaires. Le cap est mis sur 125 millions de voyageurs à grande vitesse en 2020, contre 100 millions en 2016. La marge opérationnelle a été multipliée par deux, passant d’une année sur l’autre à 1,2 milliard d’euros. C’est ce qui permet, selon Rachel Picard, d’acheter les 100 rames TGV2020 qui, elles, arriveront à partir de 2023.

S’agissant du low cost, plus d’un voyageur de Ouigo sur deux n’aurait pas pris le TGV sans cette offre. La DG de Voyages y voit donc un « vecteur de croissance », et pas un facteur de concurrence interne. Ouigo, c’est aujourd’hui 13 millions de voyageurs, avec des coûts divisés par deux par rapport au TGV classique.

Quant à inOui, sujet du jour, il s’est traduit par une augmentation de l’indice de satisfaction des clients de 10 points. Après l’année de test sur l’Aquitaine, l’heure est donc venue de la généralisation. Le pari n’est pas si simple à remporter. En 2017, la marque a été lancée à l’occasion d’une nouvelle LGV faisant passer le temps de trajet entre Paris et Bordeaux de 3 à 2 heures, et a labellisé un nouveau train. Sur les 279 rames promises au label inOui à l’horizon 2020 se trouvent naturellement les 55 rames Océane, déjà commandées pour 1,5 milliard d’euros. La rénovation du parc existant est beaucoup moins coûteuse : 190 millions d’euros lui sont consacrés. Plus de 50 rames en ont aujourd’hui bénéficié. Certes, les investissements inOui ne s’arrêteront pas là. Il faut ajouter 50 millions d’euros pour les portes d’embarquement installées dans les 10 plus grandes gares de France et 300 millions d’euros pour le déploiement du Wi-Fi. Mais le pari est un peu nouveau : faire reposer une stratégie de conquête sur des améliorations de service.

Schématiquement, jusqu’à présent, les sauts dans le développement du TGV ont correspondu à une nouvelle ligne que desservait un nouveau matériel. Ce fut encore, le cas, en juillet 2017, où la mise en service de la ligne SEA a grosso modo coïncidé avec l’arrivée des rames Océane. Aujourd’hui, le réseau est à peu près complet, le parc pour le desservir existe, le grand renouveau que va représenter le TGV2020 est pour le moyen terme, pas pour le futur immédiat. Autant dire que le grand pari de la croissance va reposer sur le service à bord. 8 000 personnes ont été formées à leur nouveau métier, les contrôleurs sont invités à se voir en chef de bord. Tout le monde n’est pas convaincu. Pour Jean Lenoir, vice-président, de la Fnaut « le service à bord, c’est du baratin, on ne voit plus les contrôleurs ».

Les changements ne sont pas non plus du goût de tous les cheminots. La petite cérémonie de lancement urbi et orbi d’inOui a été troublée par quelques syndicalistes de SUD et de la CGT, venus faire part de leurs inquiétudes ou opposition au développement de la vente en ligne, à l’installation des portes d’embarquement sur les quais, aux suppressions de postes et à des suppressions de fréquences qui seraient annoncées en décembre.



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