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  • (c) Cl. B. Neveux

  • (c) Cl. Defrance

    Au dépôt de Longueau, l'équipe du train19 devant la 231-K-82 ; de gauche à droite : Lacroix, chauffeur ; Dewevre, chef de traction ; Gauchet, mécanicien

  • (c) Cl. Defrance

    Les personnalités accueillent l'équipe de conduite à sa descente de machine.

  • (c) CI. G. Laforgerie

    Le dernier voyage.

  • (c) PLM.

    La 6275 dans son état d'origine. Elle faisait partie du lot 6261 à 6285 auquel appartenait la 6282 (231-K-82). La série entière au PLM était 6201 à 6286, construite de 1919 à 1921.

  • (c) Cl. Defrance

    Arrivée du train 19 en gare de Calais-Maritime.

Il était une fois dans la Vie du Rail – 34) La course ultime et triomphale. La dernière “Pacific” française

20 septembre 2018
- -
Par : Vauquesal-Papin

Une nouvelle section animée par vous et pour vous, elle va nous permettre de revisiter l’histoire cheminote. Celle d’il y a 10, 20, 30, 40 ans…

Profitez de nos archives en nous signalant ce que vous souhaitez relire et redécouvrir. Retrouvez les nouveaux matériels, les grands travaux, les événements qui ont marqué la SNCF… Une plongée dans l’aventure du rail.

Faites-nous savoir vos envies dès à présent en nous écrivant au 29, rue de Clichy, 75009 Paris ou par mail à : margaux.maynard@laviedurail.com ou en commentant cet article.

 

34) Il y a 49 ans. La course ultime et triomphale. La dernière “Pacific” française

Le samedi 11 janvier 1969 sera marqué d’un caillou blanc. 15h42… Le train 19 « Flèche d’Or » remorqué par la 231-K-82 fait son entrée ponctuelle en gare de Calais-Maritime. La dernière Pacific en service sur une ligne SNCF vient d’amener la dernière « Flèche d’Or » en traction vapeur. L’heureuse initiative des services MT Nord en a fait un événement auquel la presse et l’ORTF se sont associés.

Qu’ils sachent que cette célébration a produit un choc psychologique dans le monde des fractionnaires et parmi les innombrables amis que le chemin de fer et son panache blanc ont suscités dans notre pays. Il était bon que l’honneur de ce dernier adieu aux Pacific advint à la région du Nord qui a porté bien haut l’emblème de la vitesse en maintenant, et peut-être pas aussi intensément qu’elle le désirait, les traditions de la compagnie du Nord.

Ingénieurs, constructeurs, tractionnaires à tous les échelons viennent d’écrire la dernière page de ce « livre d’or » qui contera bien après nous l’épopée de ces chevaliers du rail qui ont fait beau coup pour le prestige du pays.

À tout prendre, il ne s’agissait là que d’un événement corporatif dont la portée ne devait pas logiquement dépasser l’audition des gens du métier. Personnellement, c’est ainsi que je l’envisageais. Détrompez-vous… comme je l’ai été moi-même en accompagnant le train 19 du 10 janvier avec la K-8. Tout au long du parcours, un essaim de photographes avait déjà pris position pour fixer sur la pellicule les derniers tours de roues de ces inoubliables « lévriers du rail » que furent les Pacific. Bravant l’inclémence d’une température glaciale, ils avaient stoïquement attendu le passage de ces trains de l’adieu et c’est un hommage qu’ils rendaient encore aux équipes de conduite. Hommage auquel nous aurions voulu nous associer plus étroite ment si les exigences de la Radio-Télévision ne nous avaient interdit de faire l’accompagnement du 11 janvier. Quoi qu’il en soit, nous avons pu voir, au milieu d’une foule compacte l’entrée triomphale de la K-82 en gare de Calais- Maritime… dans un ronflement de soupapes, qui lançait au ciel un nuage de plus. Dès que la machine se fut immobilisée dans un dernier tour de roues, ce fut la ruée des journalistes et des chasseurs d’images entourant les personnalités de la SNCF venues pour féliciter l’équipe de conduite, visiblement émue. Nous avons reconnu M. Ravenet, ingénieur général, chef du service MT Nord ; M. Leroy, ingénieur en chef de la division de la Traction ; M. de Fumichon, ingénieur principal, chef de l’arrondissement MT d’Amiens et M. Marsoulard, ingénieur principal à la division de l’entretien des engins moteurs, M. Chatillon, chef de dépôt qui succède à M. Leviéville, également présent, le chef de gare de Calais-Maritime et les chefs des divers services administratifs et commerciaux de la gare. Il y avait aussi une importante délégation de mécaniciens, retraités ou actifs ; mon ami Vasseur, bien entendu, Dutertre et le doyen des retraités, M. Vervrede qui a conduit les premières « Flèche d’Or ». Je n’ai pu dire qu’un bref bonjour de la main au chef mécanicien Dewevre qui avait amené le train et que, dans la presse générale, je n’ai jamais pu rejoindre. Qu’il m’en excuse !

Disons également que la ville de Calais s’était fait un devoir d’être représentée, d’abord par son maire M. Vendroux et par un membre de la chambre de commerce. Une réception suivit dans la grande salle du buffet de la gare de Calais-Maritime, où l’on exalta le noble et dur labeur des roulants de la vapeur : hélas, je n’entendis point les allocutions !

De puissants et rapides commandos de journalistes, de photographes locaux et d’ORT… fiens défendant leurs positions avec énergie ont fini par m’en dissuader. Ce dont je suis sûr, c’est que ce fut une « belle fête de famille ».

Mais les plus attentifs à ce « great event », ce furent encore les membres de l’équipage du bateau d’Angleterre. Tout le monde était sur le pont pour suivre le déroulement de la cérémonie avec l’intérêt que les Anglais portent toujours aux événements ferroviaires… et puisqu’il est ici question de nos collègues d’outre-Manche, laissez-moi porter à votre connaissance un télégramme envoyé à M. Philippe Leroy, et reçu au cours de la cérémonie. Il émanait de M. Richard Hardy, ingénieur aux British Railways à Liverpool : « Vos amis cheminots anglais pensent à vous et aux cheminots calaisiens en ce jour du 11 janvier 1969 qui marque le dernier voyage des Pacific et ils vous remercient pour toutes les joies que vous leur avez pro curées. Signé : Richard Hardy, ingénieur à Liverpool. » C’est là un précieux témoignage de l’amitié et de la solidarité du monde cheminot qui ne connaît pas de frontières. Cette relation ne serait pas complète si j’omettais de vous parler de la principale intéressée. Je veux dire la 231-K-82. En bref, voici donc son « curriculum vitae ».

Cette machine, mise en service à l’été de 1921, faisait partie d’une commande de 24 unités, passée par l’ex-compagnie PLM à la SACM qui l’exécuta dans son usine de Belfort en 1920-1921. Les numéros d’origine ont été : 6261 à 6285 (numéros de constructeur : 6605 à 6629). La machine 6282 a été renumérotée en 1924 : 231-C-82 au dépôt de Laroche, puis 231-K-82 par la SNCF-5, le 12 juillet 1949 au dépôt de la Blancarde (Marseille). Le 30 novembre 1951, elle reçut un tender 38 A, type Nord.

La dernière « Pacific »

Elle est maintenant froide et sous abri au dépôt de Calais. Quel sera son sort… le chalumeau !

Il nous paraît inconcevable qu’on ne la préserve en bon état en vue d’une conservation pour un musée. La ville de Calais s’honorerait à peu de frais en prenant cette décision à son compte. Un demi-siècle de bons et loyaux services est un mérite suffisant pour la sauver de la destruction en même temps qu’un hommage rendu au monde du travail.


DE LA VAPEUR AU DIESEL

Après le retrait du service de la Pacific Ouest 231-G-645, le 29 septembre 1968, il ne restait plus en service que les 231-G et K du dépôt de Calais comme locomotives type 231.

Il fut décidé que ces machines finiraient leur carrière le 11 janvier. Le dernier train de sens impair fait en traction vapeur entre Amiens et Calais fut le 19 (Flèche d’Or), et la machine choisie fut la 231-K-82 accouplée au tender 38-A-46. Cette locomotive quitta Calais-Ville le 11, à 6h16, en tête du train8 ; elle arriva à Amiens à 8h31, et une fois coupée de son train elle rentra au dépôt de Longueau où elle fut briquée une dernière fois et ornée de la plaque « Flèche d’Or ». Pendant ce séjour au dépôt, elle fut, déjà, photographiée. par de nombreux amateurs, aidés dans leur travail par un temps clément qui dispensait les quelques rayons de soleil nécessaires. Enfin, vers 12h35, la 231-K-82 quittait le dépôt de Longueau pour gagner la gare d’Amiens où son arrivée, en avance sur l’horaire normal, était très remarquée, en particulier par l’important contingent d’amateurs britanniques. Enfin, à 13h35 arrivait le train19, remorqué depuis Paris par la BB16020 qui, une fois dételée, s’échappa discrètement, laissant la place à la vedette du jour. Une fois la mise en tête effectuée, les techniciens de la télévision prenaient place à bord de la machine et le départ était donné à 13h41 exactement.

Le train19 avait, ce 11 janvier, la composition suivante : 13 véhicules, 52 essieux et 606 tonnes. La machine était conduite par MM.Gauchet, mécanicien, et Lacroix, chauffeur, ceux-ci étaient assistés par M.Dewevre, chef de traction. Celui-ci était heureux de rappeler que M.Gauchet fut son chauffeur lorsque lui-même était mécanicien.

Dès le soir de cette journée, le train 32 fut le premier à être remorqué en traction diesel ; vers 18h50, du dépôt de Longueau vinrent se mettre en tête de ce convoi les BB 66278 et 66114, en unité multiple avec un fourgon chaudière intercalé entre les deux machines.

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Cet article est tiré du numéro 1181 de la Vie du Rail paru le 16 février 1969 dont voici la couverture :

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