• © SWR / Alexander Schweitzer

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Arte. En Équateur, la croisière ferroviaire la plus populaire d’Amérique latine

28 janvier 2018
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Par : S. Delziani

Après la Bolivie, la série documentaire Un billet de train pour… nous fait découvrir grâce à une nouvelle rediffusion un autre réseau de cette région du monde, celui de l’Équateur. Comme en Bolivie, le rail équatorien a connu des heures mythiques, puis des heures beaucoup plus sombres…

Le voyage que ce documentaire couvre est aujourd’hui réservé exclusivement à une élite. Tren Ecuador est une marque commerciale des Chemins de fer équatoriens qui exploite des trains touristiques sur un réseau de 500 km de voies à l’écartement de 1,067 m, dont la plupart ont récemment été rénovées, même si plusieurs tronçons demeurent problématiques. Il propose des expéditions ferroviaires d’une journée vers les attractions touristiques les plus connues du pays, comme la région d’Otavalo, l’incroyable Nariz del Diablo (le Nez du diable) et l’Allée des volcans. Des voyages plus longs à bord du Tren Crucero, véritable croisière de quatre jours et trois nuits, sont également proposés aux touristes qui peuvent s’offrir une place à bord. Une croisière ferroviaire luxueuse, réputée pour être la plus impressionnante d’Amérique latine. Inauguré en 1908, le chemin de fer qui relie les trois espaces géographiques du pays – côte pacifique, Andes et bassin amazonien – est devenu au XXe siècle le moteur de l’unité nationale, puis son meilleur symbole. Il a également permis d’accélérer son développement économique en permettant aux produits de l’Hinterland d’accéder à la côte pacifique et, du coup, au marché mondial. Premier producteur mondial de bananes, la question de leur transport et de leur exportation étant vitale pour ce petit pays. Mais, avec le développement de la Pan American, une autoroute qui traverse l’Amérique du Nord au Sud, et les ravages provoqués par les intempéries liées au phénomène climatique El Nino en 1997 et 1998, où de très nombreux glissements de terrain ont balayé les infrastructures, le rail a perdu sa vocation de transport public pour se concentrer sur le tourisme, un axe de développement devenu stratégique au XXIe siècle. Pour les Équatoriens, le train demeure pourtant un élément essentiel de leur patrimoine et bien que la grande majorité d’entre eux ne peux pas s’offrir une place à bord des trains opérés par Tren Ecuador, le souvenir du rail reste gravé dans la mémoire collective. Ainsi, on chante encore le standard de Juan Alava, l’entraînant Rumbo Al Sur, enregistré en 1973, qui conte le voyage en train entre Guayaquil et Quito. Aujourd’hui, c’est pour une cinquantaine de voyageurs privilégiés que le rail revit. Le départ s’effectue depuis une gare de la banlieue de Guayaquil, la plus grande ville du pays, dont le dynamisme dépend de sa situation géographique sur la côte Pacifique. Le train ensuite traverse toute la palette des paysages équatoriens. L’ascension de la « Narine du Diable », qui s’effectue presque à la verticale et qui permet au train, en moins de 60 km, de passer de 300 à 2 600 m d’altitude, constitue un des moments forts du voyage. Celui-ci effectue un étonnant zigzag, dont une partie en marche arrière, afin de réaliser ce prodige. Puis c’est Urbina, la gare la plus haute d’Équateur. Le voyage se poursuit avec l’ascension vers le parc national du Cotopaxi jusqu’au terminus, Quito.

Chaque voiture raconte à travers sa décoration une facette de l’histoire et de la culture équatorienne. La première affiche un style baroque colonial, notamment dans ses boiseries sculptées. La seconde rend hommage aux cultures pré-hispaniques. Tandis qu’en queue de train, une voiture panoramique permet aux voyageurs d’apprécier le paysage.

Nous rencontrons ensuite une belle dame. Une locomotive à vapeur Baldwin, avec son tender séparé, qui a assuré des circulations jusqu’en 1992. L’unique conducteur de locomotive à vapeur de tout le pays et sa mythique machine prennent alors le relais pour une partie du trajet, ajoutant au pittoresque de l’expérience. Surmonté de ce panache de fumée, le convoi pénètre alors dans les faubourgs de Riobamba, où le train va passer la nuit. Edgar, le conducteur, nous fera alors goûter une spécialité locale réputée : le cochon d’Inde !

Pour l’ultime étape du voyage, nous devons changer de train. Personne n’ayant prévu l’imposant poids du Tren Crucero lors de la réhabilitation de la ligne. Du coup, un autre train touristique prend le relais pour traverser ce qu’Alexander von Humboldt, un explorateur, naturaliste et géographe allemand, nommait « l’allée des volcans » : El Tren de los Volcanos, (le train des volcans).

Le voyage s’achève à Quito, la capitale la plus haute du monde, dans l’ambiance festive des Chibas, des fêtes itinérantes embarquées à bord de bus, très populaires chez les noctambules locaux…

Vendredi 2 février 2018 à 19 h 00 sur Arte. Un billet de train pour… l’Equateur. Réalisation : Alexander Schweitzer. (Allemagne, 2015, 43 mn). À voir également sur Arte + 7.



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