fbpx

Je me connecte

E-mail*
Mot de passe*
Je valide > Mot de passe oublié?

Je m'inscris

*Champs obligatoires

Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent.
1. Mon Compte
2. Mes activités
3. Mes Newsletters

Vous devez lire et accepter nos conditions générales de vente et d’utilisation *

* Mentions obligatoires

Je souhaite recevoir la newsletter :

Je m'enregistre

Mot de passe oublié ?

X
laviedurail.com

Terre-des-Fins, une ville terminus en phase terminale

26 juin 2022
- -
Par : Samuel DELZIANI

Publié aux Editions ZOE dans le cadre d’une exposition au MUDAC (Musée cantonal du design et d’arts appliqués contemporains) de Lausanne, le roman Terre-des-Fins a été écrit par trois auteurs talentueux. Ils nous content une fable ferroviaire dans une ville minière à bout de souffle, qui survit grâce à un train mensuel qui la tient sous perfusion.

 

Le temps s’écoule différemment à Terre-des- Fins – « Terdef » pour ses habitants… D’ailleurs, difficile de se faire une idée de la durée des choses alors que toutes les horloges de cette cité minière sur le déclin sont à l’arrêt. Nous sommes loin du passé glorieux de Terre-des-Fins, quand l’activité de la mine et son minerai toxique apportaient la prospérité (et la maladie) à la ville. Aujourd’hui, Terdef n’est plus que l’ombre d’ellemême : « Il y avait des trains tous les jours et dans les deux sens – le minerai qu’on exportait, les marchandises qui arrivaient, les gens qui allaient et venaient -, il y avait un cinéma et des soirées dansantes, bien plus de monde, peut-être même des touristes. Aujourd’hui, les gens ont tous le même âge, pas de vieux parce qu’ils meurent et pas d’enfants parce qu’on a arrêté d’en faire. Il y a toujours des soirées dansantes mais la terrasse du café des Mineurs suffit largement pour les accueillir. Tout ce qui est encore utile est rassemblé devant la gare. La ville est devenue une place. »

Pour Zed et sa petite soeur Liv, la vie est surtout rythmée par le passage de l’unique train mensuel, unique lien entre l’inaccessible capitale et la petite ville progressivement abandonnée de ses habitants. Zed et Liv passent leur temps à peindre la gare, les voitures et les wagons abandonnés. Seuls les graffs du grand frère voyagent jusqu’à la capitale grâce au train mensuel qui accomplit la liaison avec « Terdef » : « Mes graffitis quitteront jamais la ville. Je le dis sans tendresse, je vois juste les choses en face : les wagons que je peins, ils dorment aux entrepôts, fin de l’histoire. C’est Zed qui fait les trains de la gare, ceux qui s’en vont. Si quelqu’un le chope, il est mort, mais personne le chope et ses graffitis voient du pays. » Les deux orphelins trouvent également à bord de ce train salvateur de quoi subvenir à leurs besoins. Tous les mois, ils montent à l’assaut du convoi pour y chaparder ce qu’ils peuvent. Mais ce jour-là, ils tombent sur une passagère endormie Sora. La rencontre est violente. Zed parvient à s’enfuir, mais Liv est arrêtée par la police – une habitude semble-t-il.

Sora est jeune, belle et sophistiquée. Un pur produit de la capitale… Elle est venue dans « le troufignon du monde » pour rencontrer le grand Mitch Cadum, un artiste local qui travaille la pierre toxique qu’on extrait ici. Sora représente le musée qui est entièrement consacré à son travail artistique. Elle est venue chercher, pour les besoins d’une exposition exceptionnelle, une oeuvre monumentale de Cadum. Elle doit repartir le soir-même avec la pièce. Mais, elle désire absolument rencontrer Mitch Cadum avant de repartir vers la capitale.

Pour Liv – « l’orpheline, bègue et douée en rien » -, cette rencontre est un choc. Au contact de la citadine, elle s’ouvre et rêve d’un autre possible. Pour éviter les coups de son frère et se créer un petit coin à elle, Liv a investi les anciens ateliers : « les entrepôts sont remplis de matériel à la retraite qui sortira plus jamais, des trains-poubelles, des voitures orientales avec de la marqueterie, des Colibris ou des wagons-silos, et même des locomotives à vapeur qui remontent au début de la ville, quand c’était qu’une poignée de baraques autour du café des Mineurs ». Dans ces entrepôts, la jeune fille a construit un monde à elle, s’édifiant un cocon dans une vieille locomotive. Mais la rencontre avec Sora donne bientôt à Liv des envies d’autres choses, des envies d’ailleurs… Mais, il lui faudra d’abord fendre sa coquille !

© DR

Belle surprise avec ce roman concis écrit par un trio d’auteurs suisses – Daniel Vuataz, Aude Seigne et Bruno Pellegrino – sur l’invitation du Mudac, le Musée cantonal du design et d’arts appliqués contemporains de Lausanne, à l’occasion de Train Zug Treno Tren, sa première exposition depuis sa réouverture. A cette occasion, vous pourrez devenir, le temps d’une visite, un des personnages du roman. Les trois écrivains collaborent depuis la série littéraire Stand- By lancée par les éditions ZOE en 2018, où ils ont tenté de réconcilier séries télévisées et littérature. Avec Terre-des-Fins, ils offrent aux lecteurs une histoire d’émancipation étonnante et rythmée comme un train lancé à pleine vitesse. Ils dépeignent un monde de pollution, d’injustice et de pauvreté, d’où émerge pourtant une irrésistible envie de vivre. Certes, Terdef est un monde terminus qui se meurt. Une certitude pourtant : « Chez soi, ce n’est pas forcément un lieu, ça peut être un sentiment. »

 

Terre-des-Fins de Daniel Vuataz, Aude Seigne et Bruno Pellegrino. Editions ZOE. (Mai 2022).

Prix : 13 euros.



Sur le même sujet

  • © Murray Foubister / Wiki commons

    En Bolivie, des papa rellena près de la gare d’Uyuni

    08 août 2022 - Culture

    En Bolive, à Uyuni, petite ville au bord du célèbre désert de sel éponyme, l’âge d’or ferroviaire est mort depuis longtemps. Reste un incroyable cimetière de train et des souvenirs…...

  • © K Le chemin de fer de Rauma. abelleger / David Gubler

    10 trains touristiques européens – Chemin de fer de Rauma

    07 août 2022 - Culture

    La ligne de la Rauma est l’une des voies ferrées les plus belles et les plus sauvages de Norvège. Elle débute à Dombås et se termine 114 kilomètres plus à...

  • © DR

    Gare centrale d’Anvers

    06 août 2022 - Culture

    Construite par l’architecte Louis de La Censerie entre 1895 et 1905, l’ancienne Middenstatie, a été rénovée en 2009. Surnommée Spoorwegka-thedraal (cathédrale du rail), elle est un véritable monument de pierre,...

  • © DR

    ASCENSEUR POUR LISBONNE

    05 août 2022 - Culture

    Paris a son funiculaire, Valparaiso ses ascenseurs, Rio son tramway, Lisbonne, elle, a tout ça. Et bien plus encore. Très pratiques pour découvrir la capitale la plus à l'ouest du...

  • Des trains grecs pas comme les autres

    04 août 2022 - Culture

    Le voyage débute au pied de l’Olympe dans la petite ville de Larissa. Dans la gare, un pope bénit un train avant son départ. Le religieux explique ainsi son geste...

  • © AJECTA

    Patrimoine. La 241 P 30 de 1951 retrouve sa chaudière

    31 juillet 2022 - Culture

    Le 24 mai, l’effervescence régnait au Musée vivant du chemin de fer de Longueville (Seine-et-Marne), géré par l’Association de jeunes pour l’entretien et la conservation des trains d’autrefois (Ajecta). Une...

Une Commentaire

  1. Güntürk Üstün 27 juin 2022 7 h 34 min

    « Terre-des-Fins » est une sorte de roman de gare (à la fois intéressant et imaginatif) d’une ville fantôme, située à mi-trajet entre « Twin Peaks et le « Far West » avec les touches évidentes de « nulle part » et floues de « Blade Runner ».
    J’aimerais faire une suggestion qui n’intéressera peut-être presque personne!
    Ce roman de qualité court [138 pages] mais stupéfiant, écrit en langue française par trois jeunes auteurs suisses au talent fluide et créatif devrait, si on le souhaite, être adapté au cinéma sans tarder par le réalisateur-producteur « Ridley Scott » et l’expert-écrivain « Clive Lamming » doit être présent comme consultant pendant le tournage! De plus, si on le veux, la bande originale du film peut également être composée par le musicien-compositeur « Max Richter ».
    Bien sûr, ni la littérature ni le cinéma ne peuvent sauver les villes ferroviaires autrefois actives puis sacrifiées pour différentes raisons, mais ils peuvent réveiller les esprits endormis des dirigeants impliqués!

Commenter l'article

NOS NEWSLETTERS

  • La lettre du cheminot

    Chaque semaine, recevez les infos les plus populaires dans le monde des cheminots actifs

  • La lettre du groupe

    La Vie du Rail vous informe de ses nouveautés, la sortie de ses magazines, livres, événements ...

  • La News Rail Passion

    Recevez toutes les actus du magazine, les dossiers spéciaux, les vidéos, le magazine dès sa parution

  • La Boutique

    Nouveautés, offres exclusives, faites partie du club privilégiers des clients de la boutique de la Vie du Rail

  • Photorail

    Recevez une fois par mois nos actualités (nouvelles photographies ou affiches touristiques rajoutées sur le site) et nos offres ponctuelles (promotions…)

EN SAVOIR PLUS