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Guillaume Pepy. « L’international, c’est une école de l’humilité… Et un terrain de conquête »

3 octobre 2017
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Par : Propos recueillis par F. D.

La SNCF réalise sur les marchés étrangers un chiffre d’affaires croissant. Pour le président du directoire de la SNCF, cela donne de la force à la SNCF qui doit devenir dans les dix ans l’un des tout premiers groupes mondiaux dans le secteur des transports terrestres.

La Vie du Rail. Le groupe SNCF réalise aujourd’hui 33 % de son activité à l’international et s’est fixé l’objectif d’atteindre la moitié d’ici 2022. C’était 12 % il y a dix ans. Le changement est considérable. Comment est-il perçu dans l’entreprise ?

Guillaume Pepy. SNCF s’exporte ! Cela représente un tiers de notre activité. Cela devient un motif de fierté en interne. D’ailleurs, les résultats du questionnaire interne sur le projet groupe le soulignent : 88 % des salariés pensent que le développement international de SNCF est bon pour le groupe et 72 % que c’est bon pour eux. C’est la reconnaissance de notre expérience, du savoir- faire des salariés – pourquoi ne pas le dire – de la puissance de l’entreprise. SNCF est une entreprise qui parfois se dévalorise. Et, en France, on nous reproche souvent de n’être pas choisis mais plutôt d’être subis… Or, être sélectionnés dans de grands appels d’offres et remporter des marchés à l’international, cela prouve au public que l’on a été les meilleurs. Keolis ou Geodis ont toujours vécu comme cela. Mais dans le groupe public ferroviaire, c’est nouveau. Le fait que Systra participe à la conception d’un métro sur deux dans le monde et d’une ligne à grande vitesse sur deux, c’est extraordinairement valorisant. Cela veut dire que les ingénieurs et les techniciens de SNCF, comme ceux de RATP, sont parmi les meilleurs au monde.

LVDR. Traditionnellement, à la SNCF, quand on était parti en mission à l’étranger et qu’on en revenait, cela n’aidait franchement pas au déroulement de carrière. Or, pour développer la présence à l’international, il faut que ceux qui s’en vont puissent bien revenir… Est-ce le cas ?

G. P. Avant, c’était « loin des yeux, loin du coeur ». Aujourd’hui, cela a changé. Quand un Clément Michel, patron de la Gare de Lyon, part en Australie diriger le plus long tramway du monde, il devient une référence dans son domaine. Quand un Franck Dubourdieu, patron de la ligne D, part redresser les trains de Boston comme patron de la production, il renforce vraiment ses savoir-faire. Quand un Bertrand Guillon va pendant plusieurs années faire du commercial à Eurostar et revient à VSC, il devient un des piliers du web SNCF. Ils se sont frottés à des challenges qui sont nouveaux, diff érents. Ils ont montré une capacité d’adaptation. Cela devient un accélérateur de carrière.

LVDR. Et qu’est-ce que cela rapporte à l’entreprise ?

G. P. Du développement, de la croissance. SNCF fait 95 % du train en France. On peut difficilement faire plus dans un pays mature ! L’international, c’est du chiffre d’affaires qui vient directement renforcer le groupe. En termes d’emplois, près de 5 000 salariés en France travaillent pour l’export et 40 000 travaillent hors de France. En Grande-Bretagne, nous avons été préqualifiés pour répondre à l’appel d’offres pour l’exploitation de HS2, la future ligne à grande vitesse au nord de Londres. Nous recrutons des experts



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