• © Jean-Jacques d’Angelo-Cité du Train

    La locomotive BB 12125 de 1961. Mulhouse, Cité du train.

  • © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

    L’ancienne gare Saint-Lazare, salle des bagages et escalier des salles d’attente, fonds Juste Lisch, Louis Émile Durandelle, chemins de fer de l’Ouest, juillet 1887. Paris, musée d’Orsay

  • © 1993 Inventaire du Patrimoine culturel Région Normandie

    La locomotive « Pacific » 231 G 558 à Sotteville-lès-Rouen, Yvon Miossec, 1993.

Ouvrage. Toute la beauté du patrimoine ferroviaire français

4 décembre 2017
- -
Par : Samuel Delziani

Le concept de patrimoine ferroviaire est récent. Longtemps, le patrimoine protégé se limitait exclusivement à l’art et excluait tout ce qui touchait à la technique. La prise de conscience de la nécessité ce riche patrimoine en danger a été tardive et l’idée née réellement avec la création des premiers musées ferroviaires dans les années 1920, notamment à York en Grande-Bretagne ou à Copenhague, capitale du Danemark.

À la fin du Second Empire, le chemin de fer constitue le plus important système technique jamais élaboré par l’être humain, mais on ne mesure pas encore son impact sur la culture et les idées.

Le classement au titre des monuments historiques d’un grand nombre d’entre eux, locomotives, voitures de voyageurs et wagons de toutes sortes, mais aussi gares, viaducs et ponts métalliques, notamment à partir des années 80, démontre que les temps ont heureusement changés. Aujourd’hui, le design du matériel, comme l’architecture des infrastructures sont vus pour ce qu’ils sont parfois : de véritable oeuvre d’art. La multiplication des musées techniques ou exclusivement ferroviaires est également un signe de la nouvelle place prise par la technique.

Le monde ferroviaire a également légué de puissants témoignages de l’histoire des 150 dernières années. Une autre raison de sauvegarder cet héritage. La gare du Nouvel- Avricourt est à cet égard exemplaire, elle constitue un témoignage unique de l’histoire tumultueuse des relations franco-allemande. Le territoire Alsace-Moselle a été annexé par la Prusse entre 1871 et 1918, le trajet Nouvel- Avricourt – Strasbourg est alors géré par le réseau du Elsass-Lothringen, du nom du territoire cédé par la France à l’Empire Allemand suite à la défaite de 1871. En 1919 celui de l’Administration des chemins de fer d’Alsace- Lorraine lui a succédé. Pour à peine plus de 20 ans, puisqu’en 1940, après la débâcle, les Allemands sont de nouveau au commande de la gare. La gare de Nouvel-Avricourt – appelée également Deutsch-Avricourt – est mise en service en 1875, en tant que gare frontière ce qui explique l’importance du bâtiment. Les atermoiements de l’histoire rendra le concept de frontière plutôt mouvant. Lorsque la frontière franco-allemande prend sa position actuelle, la gare perd son utilité. Elle ferme définitivement ses portes en 1969. L’immense bâtisse qui accueillait avant les voyageurs est maintenant dans un état d’abandon avancé. C’est tout un pan de l’histoire de la région, de la France et de l’Europe qui subit aujourd’hui les outrages du temps et qu’il nous faut pourtant préserver.

Organisé chronologiquement, l’ouvrage tente de réconcilier technique et culture en démontrant l’incroyable pouvoir d’inspiration du ferroviaire sur les artistes. Les auteurs parviennent à y traiter 150 ans d’histoire ferroviaire en 256 pages et 325 illustrations, dont de nombreuses méconnues ou inédites, comme cette vue intérieure de la première gare de Saint-Lazare, peinte par un anonyme et exposée au Musée Carnavalet. Luc Fournier, chargé de mission pour le patrimoine technique au ministère de la Culture et vice-président du Cercle historique du rail français et l’historien, spécialiste du rail, Clive Lamming nous y content avec passion l’histoire du développement du chemin de fer en France et l’évolution des mentalités qui a permis de voir le matériel et l’architecture ferroviaire devenir des éléments de patrimoine, notamment par l’intermédiaire du monde de la culture qui s’en est saisi comme sujet quasiment dès sa création. Peintres, de Monet à Daumier, écrivains, de Zola à Colette ou musiciens, d’Honegger à Barbara, les artistes ont transformé un moyen de transport en mythe, un mythe à préserver.

L’édition et son impression métallisée, très soignée, est à la hauteur de ce livre, qui se veut la référence du patrimoine ferroviaire classé ou protégé. L’objet constitue un véritable livre d’art, à placer sous le sapin de Noël des amoureux de matériels, d’ouvrages d’art et de gares mythiques, monuments essentiels de notre histoire récente.

Patrimoine ferroviaire de Luc Fournier, avec la contribution de Clive Lamming. Éditions du patrimoine – Centre des monuments nationaux. Prix : 45 €



Sur le même sujet

Commenter l'article

NOS NEWSLETTERS

  • La lettre du cheminot

    Chaque semaine, recevez les infos les plus populaires dans le monde des cheminots actifs

  • La lettre du groupe

    La Vie du Rail vous informe de ses nouveautés, la sortie de ses magazines, livres, événements ...

  • La News Rail Passion

    Recevez toutes les actus du magazine, les dossiers spéciaux, les vidéos, le magazine dès sa parution

  • La Boutique

    Nouveautés, offres exclusives, faites partie du club privilégiers des clients de la boutique de la Vie du Rail

EN SAVOIR PLUS