• © Philippe Fraysseix

    Gwendoline Cazenave, directrice de l’axe TGV Atlantique.

  • Dans un premier temps, les TGV inOui desserviront Paris- Bordeaux.

Interview de Gwendoline Cazenave, directrice de l’axe TGV Atlantique

6 juillet 2017
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Par : François Dumont

« Mon job, c’est d’en faire un succès commercial ! »

La directrice de l’axe TGV Atlantique, Gwendoline Cazenave, dévoile sa recette pour (re)conquérir des parts de marchés sur les deux nouvelles dessertes. Et les défis qui l’attendent.

La Vie du Rail. Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixé, et comment comptez- vous les atteindre ?

Gwendoline Cazenave. Notre objectif, c’est d’avoir 4 millions de voyageurs supplémentaires par an sur le TGV Atlantique à l’horizon 2019 : 2,4 millions sur Sud Europe Atlantique, 1,6 sur Bretagne et Pays de la Loire. Il faut pour cela augmenter la part de marché par rapport à l’aérien, par exemple sur Paris – Bordeaux ou Paris – Toulouse. Il faut aussi faire préférer le train à l’automobile, en covoiturage ou en voiture particulière. Et, enfin, induire des voyages.

LVDR. Cela fait beaucoup d’objectifs. C’est plus compliqué que pour Paris – Lyon, où le concurrent c’était l’avion, ou pour le TGV Nord, où, jusqu’à Lille, c’était l’autoroute… Pas si facile d’intéresser tout le monde ?

G. C. Avec une offre plus rapide, plus fréquente, plus confortable, grâce à une gamme tarifaire qui rend la grande vitesse accessible à tous, nous faisons en sorte que chaque type de client y trouve un avantage. Nous donnons au client le choix et l’envie de voyager. Regardez ce que nous avons fait avec Ouigo. Ouigo, c’est l’ensemble de la grande vitesse à petit prix. 50 % des clients payent moins de 25 euros la place. Sans ce nouveau service, 50 % des voyageurs n’auraient pas pris le train et 40 % n’auraient pas voyagé. Ouigo va d’ailleurs être présent dans l’offre du 2 juillet, avec deux allers- retours sur Bordeaux et une augmentation de l’offre sur Rennes.

LVDR. Sur Paris – Bordeaux, c’est surtout le lancement d’inOui ?

G. C. De fait, nous lançons le 2 juillet, sur Paris – Bordeaux, dans la gamme TGV, le service que nous nommons inOui. Pour l’ensemble de ce programme, SNCF investit 2,5 milliards, comme cela a été annoncé le 28 mai. Sur ce total, 1,5 milliard d’euros seront consacrés au service mis en oeuvre sur les deux nouvelles LGV, où nous allons avoir une offre plus rapide : 1h10 de moins sur Paris – Bordeaux et 40 minutes de moins sur Paris – Rennes. Et des fréquences à haut débit : un train toutes les demi-heures en pointe. L’essentiel de ce 1,5 milliard d’euros vient des 55 rames L’Océane : entre 1,2 et 1,3 milliard. 15 nouvelles rames seront arrivées le 2 juillet et il y en aura ensuite une nouvelle par mois. Sur cet investissement de 1,5 milliard, il y a aussi ce qui provient du Wi-Fi (sur un programme national de 300 millions) ou de l’installation des portes d’embarquement.



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Une Commentaire

  1. Güntürk Üstün 7 juillet 2017 0 h 49 min

    Après l’heure de réussite et de fierté bien méritée du TGV-SEA (baptisé l’Océane), place au temps de quelques vérités peut-être peu prononçées! Paris-Bordeaux en 2h04; c’est génial, mais le futur des nouvelles lignes de TGV s’obscurcit, en raison de coûts excessifs. Il paraît qu’à l’avenir, les ressources de la SNCF iront en priorité à l’amélioration du RER en région parisienne et la modernisation retardée des lignes classiques plutôt qu’à des probables LGV. On doit toujours se rappeler que l’ensemble du réseau TGV transporte 330 000 voyageurs par jour, quand la seule ligne C du RER en accueille un million. Il faut aussi garder à l’esprit les dépenses nécessaires mais colossales du projet Grand Paris Express. En plus, pour financer les LGV Paris-Bordeaux et Paris-Rennes, la SNCF a dû faire appel, pour la première fois, au secteur privé [le groupe de BTP Vinci pour le TGV-SEA et le groupe de BTP Eiffage pour le TGV-BPL]. Alors que la SNCF doit remplir 100% la capacité de ses 33 trains quotidiens composés de nouvelles rames TGV Duplex sur l’axe Paris-Bordeaux et doit sentir dans son cou la haleine chaude et sans merci de l’autoroute comme concurrent, elle doit aussi faire face à la rude rivalité du transport aérien. Air France compte un million de clients, chaque année, entre Paris et Bordeaux et organise chaque jour 20 vols entre les deux villes. Pour l’heure, la compagnie aérienne n’a pas l’intention de réduire son programme et se prépare à une sorte de guerre des prix prétentieux pour pouvoir garder ses clients. Depuis les temps les plus populaires du TEE, dans les hauts milieux du système ferroviaire européen, les experts savent bien que les comptes entre le rail et l’automobile/l’autocar ou l’avion seront toujours loin d’être reglés; ce qui est aussi l’essentiel de l’économie de marché libre du monde occidental. Mais aujourd’hui en France on est entré dans une ère dans laquelle ni la SNCF ne peut s’endetter de plus, ni les Français ne peuvent payer davantager pour le service à grande vitesse sur rails en choissisant “inOui” ou “Ouigo”). En toute honnêteté, on souhaite “bon courage, bon train et bon voyage” aux dirigeants/employés/ouvriers assidus de la SNCF et aux voyageurs fidèles du TGV!

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